Tiza Brown @ Auvernier Jazz Festival

Interview par  J. Rossat





Auvernier Jazz 2015: le compte à rebours est bien emmanché pour cette édition qui débutera le vendredi 28 août, et où la soul est en bonne place. Mais au fait, qu'est-ce que la soul aujourd'hui? Une question parmi d'autres posées à l'une des têtes d'affiche du vendredi, une voix forte chaleureuse et prenante, celle d'Elizabeth "Tiza" Brown. Native, comme Aretha Franklin, du Michigan et habitante... de Boudry, avec Christophe Bovet, son mari et brillant partenaire musical.

Tiza Brown, en ces années 2010, le mot "soul" est partout: "Nu-soul", British Soul" et j'en passe. Pour vous la soul, c'est quoi?

C'est vrai, de nos jours, n'importe qui vous dit "je fais de la soul" ; ça part dans tous les sens et ça ne veut plus rien dire du tout. Pour moi, la soul, c'est une façon de chanter. C'est la voix; sans voix, pas de soul. Vous ne trouverez pas un CD de soul sans voix.

Aretha Franklin, "the queen of soul", et les vrais chanteurs et chanteuses de soul laissent l'impression qu'ils ont tout donné, toujours. Il y a un très fort ancrage de la soul dans le gospel: Aretha, Sam Cooke chantaient dans les églises. Et dans les églises, il y beaucoup d'émotions et souvent pas de micro: la voix de la soul, c'est la puissance, la projection. Sinon, ça ne passe pas. La soul, c'est une vraie connotation afro-américaine, beaucoup plus que le rock. Quant à moi, j'essaye toujours de faire partager ce plaisir fantastique de faire précisément cette musique.

Est-ce qu'il est possible d'être chanteuse soul en Suisse; comment réagit le public?

La soul n'a pas encore trouvé sa place en Suisse, romande en particulier. Et comme on aime ce qu'on peut identifier, c'est nettement plus difficile de se faire entendre que si l'on faisait du reggae ou du latino. Au début, on faisait surtout des "covers" (réd: reprises) de grands classiques soul, mais maintenant, on intègre surtout les thèmes que Christophe et moi avons composés, par exemple ceux de notre dernier album. Et ça passe hyper bien: on était sur le "Jazz Boat" au dernier Festival de Montreux et tout le monde a fini par monter sur le pont où l'on jouait!

Et comment atterrit-on à Boudry quand on est une chanteuse du Michigan?

Je n'étais pas du tout chanteuse aux Etats-Unis, à part dans quelques comédies musicales à l'université. J'écrivais plutôt des poèmes. Comme je voulais apprendre le français, j'ai contacté tous les consulats des pays francophones; et le seul qui s'est intéressé à moi, c'est le consulat suisse. Ils m'ont dirigée sur le cours de français moderne de l'Uni de Neuchâtel. J'ai rencontré Christophe... et le reste, c'est de l'Histoire!

Vous allez sortir un album cet automne; qu'est-ce qu'on va entendre à Auvernier?

"Hybrid Soul", c'est le nom de l'album; ça sera la base du concert. Le concept, c'est une voix très soul sur des thèmes qui évoquent la pop, le rock, le R'n'B, les années 60: il y a même une valse!

En général, je fais le texte et je suggère la mélodie, Christophe travaille plutôt sur l'harmonie et les arrangements. Après Auvernier, on va commencer à défendre le disque, faire des promotions, essayer de se placer au mieux de façon à faire des festivals l'an prochain. Aujourd'hui, la musique se consomme à la vitesse d'un McDo. On va essayer de faire consommer la nôtre un plus lentement !

 

 

 

 

" Tiza chante. Elle est originaire du Michigan, oui, comme Aretha, Diana, Stevie ou Marvin. Tiza s'appelle Brown, oui, comme James. Références évidentes. Trop peut-être. Car Tiza Brown a franchi la gouille il y a un petit bout de temps déjà, et c'est en Europe qu'elle a développé un univers musical qui ne doit rien à personne.A true original !Après avoir publié des disques sous différents noms, foulé les scènes les plus prestigieuses de Suisse (Montreux Jazz, Arena de Genève, Gurten, Avo Festival, Kursaal, KKL) et même ravagé les dancefloors grâce à des titres publiés sur des compilations House, Tiza Brown revient en 2015, armée d'un CD imparable baptisé « Hybrid Soul ».L'affaire est emballée en 36 minutes et 24 secondes, pas vraiment le temps de s'égarer dans le dilué ou le superflu. Pour un disque compact, c'est un disque compact. Neuf compositions originales, écrites et produites par Tiza et son alter ego le guitariste Chris Bovet.On a beaucoup trop lu ou entendu des musiciens expliquer qu'ils pensaient avoir réussi à capturer l'énergie du live en studio. C'est rarement vrai, mais dans le cas de « Hybrid Soul », c'est difficilement contestable. Avant même d'écouter la première note de ce brûlot soul-rock, retournez la pochette: le regard de Tiza (if looks could kill...) devrait suffire à vous convaincre qu'on ne plaisante pas avec le groove, brothers and sisters !!!! La preuve – par neuf, donc ! "

 

"Première à se lancer, Tiza Brown, auteur-interprète originaire du Michigan, une voix et un coffre hors du commun qui se répercutent sur l’ensemble du site. Des mélodies entraînantes portées par une folle énergie, entre reprises et compositions originales. Tiza Brown c’est un subtil mélange de soul, de funk, de groove et de partage. Les spectateurs se multiplient et sont bercés par le clapotis des notes alors que le soleil se couche sereinement. Elle nous présente son nouvel album, entre R&B et soul, style inimitable et réelle volonté de transmettre ses diverses influences. La voix est grande, tout autant que la personne. "

 


L’Auvernier Jazz Festival, un écrin musical par Ann-Christin Nöchel